Analyse rhétorique
Aussi appelé commentaire rhétorique
Un essai qui explique comment les choix d’un texte, comme le lexique, la structure, les arguments et les exemples, servent à persuader un public précis. Il analyse comment le texte fonctionne, pas s’il a raison.
Deux phrases sur la même question rhétorique.
- Nomme le procédé
- Elle utilise une question rhétorique pour faire appel au pathos.
- L’analyse
- Sa question fait lever la main à chaque enseignant de la salle.
En pratique
L’analyse rhétorique est un essai qui explique comment un texte cherche à persuader ou à émouvoir son public, et pourquoi ces choix fonctionnent. Elle ne discute pas de savoir si l’auteur a raison. Elle prend un discours, un essai, une publicité ou une lettre et montre comment les choix de l’auteur, comme le vocabulaire, la structure, les arguments et les exemples, servent son intention auprès d’un public précis, à un moment précis.
L’analyse commence par la situation rhétorique : qui parle, à qui, quand, pourquoi maintenant et dans quel but. Ce sont l’orateur, le public, le contexte, l’urgence qui suscite le texte (exigence) et l’intention. Chaque choix que tu commentes y est ensuite rattaché. Une métaphore n’est pas intéressante parce que c’est une métaphore ; elle l’est par ce qu’elle produit sur ce public, compte tenu de ce que veut l’orateur.
À l’examen américain AP English Language, l’analyse rhétorique est le deuxième des trois essais. Les élèves lisent un extrait, en général un discours ou une lettre, et rédigent un essai en une quarantaine de minutes. Il est noté sur une grille de six points : un pour une thèse défendable, jusqu’à quatre pour les preuves et le commentaire, et un pour la finesse de l’analyse. Le commentaire de texte français partage le même réflexe : partir des procédés pour expliquer leurs effets.
Une analyse rhétorique apprise à l’entraînement de débat
INT. AMPHITHÉÂTRE DU LYCÉE - NUIT
COACH REYES (50 ans) met en pause la vidéo d’une débatteuse rivale. Son équipe, RIYA (16 ans) et BEN (17 ans), est assise au premier rang.
BEN
Elle a utilisé une question rhétorique. Et du pathos.
COACH REYES
Tout le monde utilise les deux. Pourquoi ça a marché sur ces juges-là ?
RIYA
Les juges étaient des profs. Elle a demandé : « Qui ici a déjà acheté des fournitures avec son propre argent ? » Toutes les mains se sont levées.
COACH REYES
Là, tu analyses. Pas ce qu’elle a utilisé. Ce que ça a fait, et sur qui.
Ben nomme des procédés, là où s’arrêtent les analyses faibles. Riya relie le procédé au public et à son effet : une question à laquelle chaque enseignant de la salle pouvait répondre en levant la main. La dernière réplique de la coach résume toute la méthode : repère le choix, puis explique ce qu’il produit sur ce public et pourquoi l’orateur le voulait.
Comment rédiger une analyse rhétorique
Lis le texte deux fois. La première fois, pour ce qu’il dit. La seconde, repère la situation rhétorique (orateur, public, contexte, exigence, intention) et chaque endroit où l’auteur semble faire un choix délibéré : un changement de ton, une formule répétée, une anecdote, une statistique, une question. Note dans la marge ce que fait chaque choix, pas seulement ce qu’il est.
Écris une thèse qui nomme l’orateur, l’intention et les choix principaux. « Dans son discours de remise de diplômes de 2019, l’autrice exhorte les diplômés à préférer le sens au prestige, en passant d’un humour autodérisoire qui gagne leur confiance à un défi direct qui leur demande d’agir. » Une telle thèse te donne la structure de l’essai : un paragraphe de développement par mouvement principal.
Organise le développement selon la stratégie du texte, souvent dans l’ordre où il la déploie, plutôt que par procédé. Les paragraphes que tu titres mentalement « ethos », « pathos » et « logos » ont tendance à énumérer ; ceux qui suivent la façon dont l’orateur gagne la confiance, puis fait monter les enjeux, puis formule sa demande ont tendance à analyser.
Dans chaque paragraphe, cite peu et explique beaucoup. Une citation suivie de « cela montre le pathos » rapporte peu. Une courte citation suivie de deux ou trois phrases sur ce qu’elle fait ressentir ou penser à ce public, et sur la raison pour laquelle l’orateur en a besoin à ce moment du discours, voilà ce que la grille appelle le commentaire.
Un exemple d’analyse rhétorique, paragraphe par paragraphe
Texte : le discours d’adieu de Lou Gehrig au Yankee Stadium en 1939, prononcé après le diagnostic de la maladie qui porte aujourd’hui son nom. Thèse : « Face à une foule venue le pleurer, Gehrig transforme un adieu en remerciement, et use de l’euphémisme et d’une liste de gratitudes pour consoler le public plutôt que de lui demander sa pitié. »
Paragraphe de développement : « Quand Gehrig affirme d’emblée qu’il se considère comme “l’homme le plus chanceux de la terre”, il contredit ce que chaque supporter du stade sait de sa maladie. En choisissant cette contradiction comme première phrase, il prend le contrôle du sens du moment : la foule n’a pas le droit de le voir comme une victime, puisqu’il a déjà refusé de se voir ainsi. »
Observe ce que fait le paragraphe. Il cite quelques mots, nomme l’attente du public, explique l’effet du choix et le relie à l’intention de Gehrig. Il n’a jamais besoin du mot « pathos », même si c’est bien ce qu’il analyse.
Que chercher : arguments, choix et ruptures
Les trois preuves de la rhétorique sont un point de départ. L’ethos est la manière dont l’orateur gagne la confiance, le pathos la manière dont le texte touche les émotions du public, le logos la manière dont il raisonne. Mais presque tous les textes utilisent les trois, donc les nommer ne prouve pas grand-chose. Demande-toi laquelle pèse le plus à chaque moment, et pourquoi.
Regarde au-delà des preuves, vers des choix concrets : le lexique (pourquoi « chanceux » et pas « heureux »), la syntaxe (une longue phrase qui monte, une courte qui coupe), la structure (où vient l’anecdote, où vient la demande), la répétition, l’opposition, les questions rhétoriques, les exemples et l’image que l’orateur donne de lui. Chacun peut faire l’objet d’un paragraphe.
Guette les ruptures. Un changement de ton, de pronom, de longueur de phrase ou de sujet marque en général un changement de stratégie, et les meilleures analyses expliquent pourquoi l’orateur change à cet endroit. « Jusqu’ici, il parle de l’équipe ; à partir d’ici, il ne parle plus que de la bonté des autres envers lui » est le genre d’observation qui rapporte le point de finesse.
Appliquer l’analyse rhétorique à tes discours et à tes scènes
La même lecture rend meilleur à l’écriture. Avant de réviser un monologue, une plaidoirie ou un toast de mariage dans un scénario, analyse-le comme si quelqu’un d’autre l’avait écrit : qui est dans la salle, que croient-ils maintenant, que l’orateur veut-il qu’ils croient à la fin, et quelle réplique opère le basculement ? Si tu ne peux pas désigner cette réplique, le discours ne bascule probablement pas.
Cela fonctionne aussi pour le dialogue en général. Les personnages se persuadent sans arrêt, et une scène où un personnage fait changer d’avis un autre est une situation rhétorique en miniature. Savoir ce que veut celui qui parle et ce à quoi résiste celui qui écoute te dit ce que la réplique persuasive doit accomplir.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une analyse rhétorique ?
Une analyse rhétorique est un essai qui explique comment les choix d’un auteur, comme le vocabulaire, la structure, les arguments et les exemples, servent à persuader ou à émouvoir un public précis. Elle analyse comment le texte fonctionne, pas s’il a raison.
Comment commencer une analyse rhétorique ?
Ouvre sur la situation rhétorique en une ou deux phrases (qui parle, à qui, quand et pourquoi), puis donne une thèse qui nomme l’intention de l’orateur et les choix principaux que tu vas analyser.
Qu’est-ce qu’une bonne thèse d’analyse rhétorique ?
Une thèse qui nomme l’orateur, l’intention et les stratégies principales, et dit comment elles servent l’intention : « Gehrig transforme un adieu en remerciement, et use de l’euphémisme et de la gratitude pour consoler une foule en deuil. »
Quels sont les éléments d’une analyse rhétorique ?
La situation rhétorique (orateur, public, contexte, exigence et intention), les choix de l’auteur (preuves, lexique, syntaxe, structure, exemples) et une explication de la façon dont ces choix servent l’intention.
Comment l’analyse rhétorique de l’AP Lang est-elle notée ?
Sur une grille de six points : un pour une thèse défendable, jusqu’à quatre pour les preuves et le commentaire, et un pour la finesse de la pensée ou une compréhension complexe de la situation rhétorique.
Faut-il organiser l’analyse par ethos, pathos et logos ?
En général, non. Organiser selon la stratégie du texte, souvent dans l’ordre où elle se déploie, produit une analyse plutôt qu’une liste. Les preuves apparaissent quand même, dans l’explication de chaque choix.
Quelle longueur pour une analyse rhétorique ?
À l’examen AP, les élèves écrivent pendant une quarantaine de minutes, souvent quatre à six paragraphes. Les devoirs en classe varient, mais la plupart font de trois à cinq pages.