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Art du récit

Structure parallèle

Aussi appelé parallélisme · parallélisme syntaxique

Donner la même forme grammaticale aux idées équivalentes d’une phrase : « marcher, nager et pédaler », et non « marcher, la natation et faire du vélo ». Elle clarifie les énumérations et rythme les phrases.

La même devise d’équipe, peinte deux fois.

Fautive
Nous nous entraînons dur, en jouant malin et sans aucun abandon.
Parallèle
S’entraîner dur. Jouer malin. Ne jamais lâcher.

En pratique

La structure parallèle, ou parallélisme syntaxique, consiste à donner la même forme grammaticale à des idées équivalentes. Les éléments d’une énumération, les deux termes d’une comparaison et les parties reliées par « et », « ou » ou « non seulement… mais aussi » devraient être construits de la même façon : tous des noms, tous des infinitifs ou toutes des propositions complètes. « Elle aime marcher, nager et pédaler » est parallèle ; « Elle aime marcher, la natation et faire du vélo » ne l’est pas.

On l’appelle aussi parallélisme, et c’est à la fois une règle de grammaire et une figure de style. Côté grammaire, il évite que la phrase trébuche : le lecteur s’attend à ce que le troisième élément ressemble aux deux premiers, et un décalage se lit comme une faute. Côté style, il donne du rythme et du poids à la phrase, et c’est pourquoi tant de formules célèbres sont parallèles.

Le « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu » de Jules César aligne trois propositions de même forme. Le « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » de Lincoln répète un même schéma avec une préposition nouvelle à chaque fois. La répétition fait sentir l’énumération comme une seule idée, et le seul mot qui change porte l’accent.

Une structure parallèle dans un cri d’équipe qui porte enfin

Une coach corrige la devise de son équipe

INT. GYMNASE DU LYCÉE - JOUR

COACH DIAZ (30 ans) lit une banderole que l’équipe a peinte : « NOUS NOUS ENTRAÎNONS DUR, EN JOUANT MALIN ET SANS AUCUN ABANDON. »

COACH DIAZ

Dites-le à voix haute.

L’équipe essaie. Ça sort comme un marmonnement qui s’effondre après « dur ».

COACH DIAZ (CONT’D)

La même forme à chaque fois. S’entraîner dur. Jouer malin. Ne jamais lâcher.

L’équipe le crie en retour. Cette fois, les vingt voix tombent sur chaque temps.

La banderole mélange une proposition, un gérondif et un complément prépositionnel, si bien que personne ne peut la scander : le rythme casse à chaque élément. La coach Diaz la reconstruit en trois injonctions verbe plus complément. Rien de nouveau n’a été ajouté, mais la forme commune la rend facile à dire, à retenir et à croire, ce que fait aussi la structure parallèle dans un essai.

Exemples de structure parallèle, correcte et fautive

Énumérations. Fautive : « Le poste exige de taper, le classement et qu’on réponde au téléphone. » Parallèle : « Le poste exige de taper, de classer et de répondre au téléphone. » Fautive : « Il était fatigué, affamé et il voulait rentrer. » Parallèle : « Il était fatigué, affamé et pressé de rentrer. »

Paires reliées par des conjonctions corrélatives (soit… soit, ni… ni, à la fois… et, non seulement… mais aussi). Fautive : « Elle écrit non seulement des romans, mais aussi elle réalise un film. » Parallèle : « Elle écrit non seulement des romans, mais réalise aussi des films. » Ce qui suit chaque moitié de la paire devrait se correspondre.

Comparaisons. Fautive : « Prendre le train coûte moins cher que la voiture conduite. » Parallèle : « Prendre le train coûte moins cher que prendre la voiture. » Fautive : « Le climat de Brest est plus humide que Marseille. » Parallèle : « Le climat de Brest est plus humide que celui de Marseille. »

Comment repérer et corriger un parallélisme fautif

Trouve la jointure. Cherche « et », « ou », « mais », « que », « comme » et les paires corrélatives, ainsi que toute énumération de trois éléments ou plus. Puis place chaque élément sur sa propre ligne, l’un sous l’autre. Les décalages sautent aux yeux quand on voit les éléments alignés, comme les trois formules de la banderole.

Choisis une forme et convertis les autres. Prends la forme la plus naturelle, souvent celle du premier élément, et réécris les autres pour qu’ils s’y accordent. Parfois, la correction la plus propre consiste à supprimer des mots répétés ; parfois, à les répéter (« de nager, de courir et de pédaler »), pour que le lecteur voie où commence chaque élément. En français, la répétition des prépositions « à » et « de » est d’ailleurs la règle devant chaque infinitif.

Lis la phrase à voix haute. Un parallélisme fautif s’entend souvent plus facilement qu’il ne se voit. Si ta voix trébuche sur le dernier élément, ou si la phrase semble changer d’avis en route, vérifie à nouveau la jointure.

Le parallélisme comme figure de rhétorique

Les orateurs utilisent la structure parallèle pour qu’une idée se retienne. Le « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays » de John F. Kennedy associe deux propositions parallèles et inverse leurs mots, une figure appelée chiasme. Le « J’ai fait un rêve… » répété de Martin Luther King Jr. est un parallélisme à l’échelle d’un passage entier, qu’on appelle anaphore quand la répétition ouvre chaque phrase.

Les lignes parallèles construisent aussi le contraste. L’antithèse place des idées opposées dans une même forme (« C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps »), si bien que la forme partagée fait ressortir la différence. Dans un essai, une paire de phrases parallèles est un bon moyen de poser une objection et ta réponse.

Les groupes de trois sont les plus courants. Trois éléments parallèles donnent une impression de complétude que deux n’ont pas, et que quatre améliorent rarement. Si tu révises une conclusion, un discours ou un pitch, cherche l’endroit où trois formules parallèles peuvent porter l’idée que tu veux le plus faire retenir.

La structure parallèle dans le dialogue et la description

Les personnages qui parlent en parallèle semblent avoir répété, ce qui est utile quand c’est le cas. La plaidoirie d’un avocat, la harangue d’un entraîneur, le sermon d’un gourou ou le slogan d’un politicien tirent leur rythme de formules parallèles. Dans une conversation ordinaire, presque personne ne parle ainsi, donc une réplique soudain parallèle dans un dialogue familier peut signaler que quelqu’un a longuement préparé ce qu’il allait dire.

Dans les descriptions d’action, la structure parallèle garde une séquence rapide et lisible. « Elle attrape les clés, éteint la lumière et file par l’arrière » se lit comme un seul temps rapide. Casser le schéma exprès, « Elle attrape les clés, éteint la lumière. S’arrête. Quelqu’un est déjà dans la voiture. », c’est ainsi qu’un scénariste fait sentir l’interruption au lecteur.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la structure parallèle ?

La structure parallèle consiste à utiliser la même forme grammaticale pour des idées d’égale importance dans une phrase, par exemple uniquement des noms, des infinitifs ou des propositions complètes dans une énumération ou une comparaison.

Quel est un exemple de structure parallèle ?

« Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. » Trois propositions de même forme. Une version fautive serait « Je suis venu, en regardant les choses et la victoire ».

Qu’est-ce qu’un parallélisme fautif ?

C’est une phrase qui relie des idées équivalentes sous des formes grammaticales différentes, comme « Elle aime marcher, la natation et faire du vélo ». La correction consiste à mettre chaque élément sous la même forme.

Parallélisme et structure parallèle, est-ce la même chose ?

Oui. Les deux termes décrivent des formes grammaticales qui se correspondent. Parallélisme désigne aussi la figure de style qui répète une structure pour créer un effet d’insistance.

Pourquoi la structure parallèle est-elle importante ?

Elle rend les phrases claires et faciles à suivre, car le lecteur voit quelles idées vont ensemble. Elle donne aussi du rythme à l’écriture et rend les formules clés mémorables.

Comment corriger une structure parallèle ?

Repère l’énumération, la paire ou la comparaison, aligne les éléments l’un sous l’autre, choisis une forme grammaticale et réécris les autres éléments pour qu’ils s’y accordent. Lis ensuite la phrase à voix haute.

Qu’est-ce que le parallélisme en littérature ?

En littérature et dans les discours, le parallélisme est la répétition délibérée d’une structure grammaticale pour créer du rythme, de l’insistance ou un contraste, comme dans « du peuple, par le peuple, pour le peuple ».