Langage figuré
Aussi appelé Figurative Language · figures de style
Des mots employés au-delà de leur sens propre pour créer une image, un sentiment ou une idée : métaphore, comparaison, personnification, hyperbole, ironie et les autres figures de style. « Il pleut des cordes » relève du sens figuré ; « il pleut fort », du sens propre.
En pratique
Le langage littéral dit exactement ce qu’il veut dire : « J’ai très faim. » Le langage figuré tord les mots pour que le sens frappe plus fort : « J’ai une faim de loup. » Personne ne pense à un loup, et personne ne doute de l’appétit de celui qui parle. C’est dans cet écart entre les mots et le sens que chaque figure de style fait son travail.
Les écrivains l’utilisent pour rendre l’abstrait concret, pour condenser et pour donner du caractère à une voix. Un personnage qui dit « mon patron est un volcan » nous parle du patron et de lui-même en quatre mots. Employé avec soin, le langage figuré fait la différence entre une phrase qu’on répète et une phrase qu’on oublie.
Dans un scénario, gardez-le à sa place. Le dialogue peut être aussi imagé que le personnage qui le prononce. Les descriptions doivent rester surtout littérales, parce qu’elles décrivent ce que le public verra ; une figure juste qui indique au lecteur ce qu’un moment doit faire ressentir vaut mieux qu’un paragraphe d’images que la caméra ne peut pas filmer.
Deux personnages, deux façons de parler
EXT. PARKING DU LYCÉE - NUIT
Il pleut. JESS (17 ans) est assise sur le capot d’une voiture qui ne démarre plus. Son père, MARK (la quarantaine), se tient sous un parapluie, les câbles de démarrage à la main.
MARK
La batterie est morte. On la fera remorquer demain matin.
Jess ne bouge pas. La pluie lui dégouline des cheveux.
JESS
Tout ce que je touche rouille, papa. Je suis une casse à moi toute seule.
La réplique de Mark est littérale : un fait et un plan. Jess répond par une hyperbole et une métaphore, et la scène cesse de parler d’une voiture. Le contraste entre les deux façons de parler montre la distance entre eux avant que l’un ou l’autre ne la nomme.
Ce qu’est le langage figuré
Le langage figuré désigne tout emploi des mots qui s’écarte de leur sens ordinaire et littéral pour produire un effet. Le nom traditionnel de chaque procédé est figure de style, et la rhétorique en a nommé des centaines depuis l’Antiquité. Le lecteur reconnaît l’écart, comprend pourquoi il a été choisi et retient le sens qu’il porte.
Son contraire est le langage littéral, où les mots veulent dire exactement ce qu’ils disent. « Le soleil s’est couché à sept heures » est littéral ; « le ciel a pris feu » est figuré. Aucun des deux n’est meilleur. La bonne écriture passe le plus souvent de l’un à l’autre : l’énoncé simple pour la clarté, les figures pour l’insistance, l’émotion et les images qui restent.
Les expressions idiomatiques sont du langage figuré figé dans la langue de tous les jours : « casser les pieds », « vendre la mèche », « être dans la lune ». Elles fonctionnent encore au sens figuré, mais on ne voit plus l’image, et c’est pourquoi elles servent un dialogue naturel et desservent une description neuve.
Les types de langage figuré
Les types les plus courants sont la métaphore (« la classe était un zoo »), la comparaison (« froid comme la glace »), la personnification (« le vent murmurait »), l’hyperbole (« je te l’ai dit mille fois ») et la litote ou l’euphémisme (« il fait un peu chaud » en pleine canicule). Chacun compare, exagère ou recadre quelque chose pour que le lecteur le voie autrement.
Les figures sonores façonnent la sensation d’une phrase en bouche : l’allitération répète des consonnes (« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »), l’onomatopée imite un bruit (« bzzz », « patatras ») et l’assonance répète des voyelles. D’autres jouent sur le sens : l’ironie dit le contraire de ce qu’elle pense, l’oxymore unit des contraires (« cette obscure clarté »), la métonymie désigne une chose par ce qui lui est associé (« l’Élysée a déclaré ») et la synecdoque prend la partie pour le tout (« une voile à l’horizon »).
Les listes des « 7 » ou des « 12 types » sont des conventions scolaires plutôt que des règles fixes, et elles varient d’un manuel à l’autre. Ce qui compte pour un auteur, c’est de savoir ce que fait chaque figure : comparer, exagérer, adoucir, faire sonner ou surprendre. Choisissez celle dont l’effet sert le moment.
Exemples de langage figuré au cinéma et en littérature
Les pièces de Shakespeare en sont pleines : Juliette est le soleil (métaphore), l’amour est une fumée faite de la vapeur des soupirs (métaphore), et le « la vie n’est qu’une ombre qui passe » de Macbeth est à la fois métaphore et personnification. La poésie en dépend plus encore. Langston Hughes se demande si un rêve différé se dessèche « comme un raisin au soleil », une comparaison qui a donné à Lorraine Hansberry le titre de sa pièce.
Le dialogue de cinéma s’en sert pour rendre les répliques mémorables. « La vie, c’est comme une boîte de chocolats », dans Forrest Gump, est une comparaison ; « Je suis le roi du monde ! », dans Titanic, est une hyperbole ; « Houston, nous avons un problème », dans Apollo 13, est un euphémisme qui fait paraître une catastrophe calme. Chacune dit quelque chose de celui qui parle, à ce moment précis.
Les scénaristes emploient aussi des figures dans les descriptions, avec parcimonie, pour indiquer au lecteur ce qu’un moment doit faire ressentir. Une ligne comme « le silence après le coup de feu est immense » est une hyperbole que la mise en scène et le jeu peuvent traduire en choix. Elle fonctionne parce qu’elle décrit un effet que le film peut produire, et non une image qu’il ne peut pas montrer.
Comment employer le langage figuré avec efficacité
Employez une figure quand des mots simples ne rendraient pas justice au moment. Si un personnage est seulement fatigué, dites-le ; s’il est épuisé au point que cela change sa façon d’agir, une figure (« elle avançait comme si elle pataugeait dans du ciment frais ») peut le faire sentir au lecteur. Chaque figure doit avoir une fonction : clarifier, intensifier, caractériser ou surprendre.
Rendez-la neuve et adaptez-la à celui qui parle. Des clichés comme « un cœur d’or » ou « clair comme de l’eau de roche » ne produisent plus d’images, et le lecteur glisse dessus. Une figure tirée du métier, de l’histoire ou de l’obsession du personnage fait deux choses à la fois : elle décrit la chose et révèle celui qui la décrit.
Gardez des figures cohérentes. Une métaphore incohérente (« nous traverserons ce pont quand il pleuvra ») fait sortir le lecteur de la scène. Quand un passage accumule les figures, gardez la plus forte. Le lecteur se souvient d’une image frappante bien plus longtemps que de cinq qui se font concurrence.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le langage figuré, en termes simples ?
C’est employer les mots d’une façon qui n’est pas à prendre au pied de la lettre, pour rendre une idée plus vivante. « J’ai une faim de loup » ne parle pas vraiment d’un loup, mais montre mieux que « j’ai très faim » à quel point vous avez faim.
Quels sont les principaux types de langage figuré ?
Les plus enseignés sont la métaphore, la comparaison, la personnification, l’hyperbole, l’expression idiomatique, l’onomatopée, l’allitération, l’ironie, l’oxymore, la litote, la métonymie et la synecdoque. Les manuels les regroupent différemment, mais chacun compare, exagère, recadre ou joue avec les sons.
Quelle est la différence entre le langage figuré et le langage littéral ?
Le langage littéral veut dire exactement ce qu’il dit : « il pleut beaucoup ». Le langage figuré dépasse le sens littéral pour produire un effet : « il pleut des cordes ». Le lecteur comprend les deux, mais la version figurée crée une image.
Quels sont des exemples de langage figuré ?
« Le monde est un théâtre » (métaphore), « courageux comme un lion » (comparaison), « les arbres dansaient dans le vent » (personnification), « je te l’ai dit mille fois » (hyperbole), « les abeilles bourdonnaient » (onomatopée) et « être dans la lune » (expression idiomatique).
Une expression idiomatique est-elle du langage figuré ?
Oui. Une expression idiomatique est une expression figurée dont le sens s’est fixé par l’usage, comme « vendre la mèche » ou « être dans la lune ». On ne peut pas en déduire le sens à partir des mots pris littéralement, et c’est ce qui la rend figurée.
Pourquoi les auteurs utilisent-ils le langage figuré ?
Pour rendre l’écriture vivante et mémorable, expliquer des idées abstraites par des images concrètes, créer une atmosphère et donner aux personnages une voix propre. Une figure bien choisie peut dire en quelques mots ce qui demanderait autrement un paragraphe.
Un scénario doit-il utiliser le langage figuré ?
Dans le dialogue, autant que le personnage le ferait. Dans les descriptions, avec parcimonie : décrivez ce que le public verra et entendra, et employez de temps en temps une figure pour transmettre une sensation dont la mise en scène et les comédiens pourront s’emparer. Évitez les images que la caméra ne peut pas montrer.