# JUMP CUT

> Une coupe entre deux plans du même sujet pris presque de la même position, si bien que le sujet semble sauter en avant dans le temps. Généralement un choix de montage, qui ne s’écrit JUMP CUT TO: que quand le temps sauté fait partie de l’histoire.

Aussi appelé JUMP CUT TO:, saute

**Sur la page**

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JUMP CUT TO:
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## En pratique

Un jump cut est une coupe entre deux plans du même sujet pris presque de la même position, si bien que le sujet semble sauter en avant dans le temps alors que le cadre change à peine. Une personne assise à un bureau change soudain de posture ; la lumière a tourné derrière la fenêtre ; la pile de papiers a grossi. La coupe est faite pour être remarquée.

Le montage classique en continuité cherche à cacher les coupes, et l’une de ses règles existe précisément pour éviter cet effet : quand la caméra reste à moins d’une trentaine de degrés de son angle précédent sur le même sujet, la coupe se lit comme une saute. À bout de souffle (1960), de Jean-Luc Godard, a enfreint cette règle délibérément et fait du jump cut un style assumé, et les cinéastes l’emploient depuis pour comprimer le temps, déstabiliser le public ou montrer un esprit qui se défait.

Sur la page, un jump cut relève généralement du monteur plutôt que du scénariste. Quand les sautes font partie de l’histoire, comme une longue nuit comprimée en quelques secondes, écrivez-les dans la didascalie ou placez JUMP CUT TO: entre les moments. Faites-le rarement, car un lecteur prend une transition indiquée pour une instruction délibérée.

## Des jump cuts sur la page

**Une nuit comprimée en trois moments**

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INT. APPARTEMENT DE MAYA - NUIT

MAYA (la trentaine) est assise par terre, entourée d’enveloppes fermées. Elle ouvre la première.

JUMP CUT TO:

Même endroit. Des formulaires couvrent la moitié du sol. Maya a un crayon derrière chaque oreille.

JUMP CUT TO:

Aube grise à la fenêtre. Maya dort sur une pile de reçus, une calculatrice qui bipe encore à la main.
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Chaque coupe garde le lieu et avance l’horloge, et c’est ce qui en fait un jump cut plutôt qu’un changement de scène : il n’y a pas de nouvel intitulé de scène. Le scénariste indique les coupes parce que la compression est la blague. Sans les transitions, un lecteur pourrait imaginer un long plan continu d’une femme en train de remplir sa déclaration d’impôts.

## Comment fonctionne un jump cut

Le montage en continuité vise à rendre la coupe invisible. Quand il change de plan sur le même sujet, il change aussi nettement l’angle ou la taille du plan, pour que l’œil accepte la nouvelle image comme un nouveau point de vue. La règle des trente degrés est le repère habituel : déplacer la caméra au moins de cet angle, ou changer la taille du plan, avant de revenir sur la même personne.

Un jump cut ignore cette règle. Les deux plans sont si semblables que l’œil saisit ce qui a changé entre eux, une tête tournée, un objet disparu, une ombre plus longue, et le public ressent le temps manquant. Cette secousse peut paraître maladroite quand elle est accidentelle, ce qui explique que les monteurs l’aient longtemps tenue pour une erreur. Quand elle est choisie, la secousse est l’effet.

## À bout de souffle, et ce qui a suivi

À bout de souffle est le film le plus souvent cité pour le jump cut. Dans une scène, Michel conduit Patricia à travers Paris en parlant d’elle, et le film coupe à plusieurs reprises dans le plan où elle est assise côté passager : sa posture change à peine, mais les rues derrière elle, si. Les coupes donnent à la scène un rythme agité et impatient qui correspond au personnage, et elles annonçaient une rupture avec le montage fluide des films de studio.

Depuis, les jump cuts sont devenus ordinaires. Clips musicaux, comédies et drames les utilisent pour comprimer un montage de travail, une longue attente ou une nuit blanche. Thrillers et études de personnage s’en servent pour montrer la désorientation ou un esprit déboussolé. La vidéo en ligne en a fait une routine, parce que supprimer les pauses dans un unique plan de personne qui parle est le moyen le plus rapide de le faire avancer.

## Comment écrire un jump cut

La plupart des jump cuts naissent au montage, si bien qu’un scénario n’a pas besoin de les indiquer. Écrivez-en un quand les sautes portent le sens de la scène : temps comprimé pour la comédie, épuisement, obsession ou panique. Le plus clair est de décrire chaque moment dans son propre court paragraphe de didascalie et d’indiquer les coupes avec JUMP CUT TO: comme transition, alignée à droite, sans nouvel intitulé de scène.

Certains scénaristes préfèrent décrire l’effet une seule fois et laisser la didascalie le porter : « SÉRIE DE JUMP CUTS tandis que la nuit avance : » suivi de courts temps. Dans tous les cas, gardez le lieu et le cadre constants dans votre description et ne changez que ce que le temps a changé. Si le lieu change, la coupe n’est plus un jump cut, et un intitulé de scène ou un montage est le meilleur choix.

## Jump cut, smash cut et raccord

Un jump cut reste dans la même scène et saute du temps. Un smash cut passe brutalement à une autre scène à un moment déstabilisant, pour que le contraste entre les deux soit le but. Un raccord, ou match cut, passe lui aussi à une autre scène, mais relie les deux plans par une forme, un mouvement ou un son partagés, si bien qu’une image semble devenir l’autre.

Ce sont trois coupes qu’un scénariste peut choisir d’indiquer, parce que chacune change la façon dont un moment se lit. Mais elles résolvent des problèmes différents : le jump cut comprime ou déstabilise, le smash cut choque ou contredit, et le raccord relie. Choisissez celle qui correspond à ce dont le moment a besoin, et laissez toutes les coupes ordinaires sans indication.

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## Questions fréquentes

### Qu’est-ce qu’un jump cut ?

Une coupe entre deux plans du même sujet pris presque de la même position, si bien que le sujet paraît sauter en avant dans le temps. Elle rend visible le temps manquant au lieu de cacher la coupe.

### Quel est un exemple de jump cut ?

La scène de voiture d’À bout de souffle (1960) : le film coupe à plusieurs reprises dans le plan de Patricia côté passager, si bien que sa position reste presque identique pendant que les rues de Paris changent derrière elle.

### Comment écrire un jump cut dans un scénario ?

Écrivez chaque moment dans un court paragraphe de didascalie situé au même lieu et placez JUMP CUT TO: entre eux comme transition, sans nouvel intitulé de scène. N’indiquez les jump cuts que lorsque le saut dans le temps fait partie de l’histoire.

### Un jump cut est-il une erreur ?

On le considérait autrefois comme tel, parce que le montage en continuité cherche à cacher les coupes. C’est aujourd’hui une technique reconnue ; un jump cut accidentel ressemble encore à une erreur, alors qu’un jump cut délibéré est un choix de style.

### Qu’est-ce que la règle des 30 degrés ?

Un repère du montage en continuité : quand on coupe entre deux plans du même sujet, il faut déplacer la caméra d’au moins une trentaine de degrés ou changer la taille du plan. L’ignorer produit un jump cut.

### Quelle différence entre un jump cut et un smash cut ?

Un jump cut reste dans la même scène et saute du temps avec un cadre presque identique. Un smash cut passe brutalement à une autre scène pour que le contraste entre les deux soit aussi net que possible.

### Pourquoi les vidéos en ligne utilisent-elles autant de jump cuts ?

Supprimer les pauses dans un unique plan de personne qui parle est le moyen le plus rapide de le faire avancer sans seconde caméra. Le public s’y est habitué, si bien que les sautes se lisent comme du rythme plutôt que comme des erreurs.

## Termes associés

- [SMASH CUT](https://www.inkwell.software/fr/glossary/smash-cut): Une coupe brutale d’une scène à une autre, à un moment où le public s’attend à ce que la première continue, pour que le contraste frappe le plus fort possible. S’écrit comme la transition SMASH CUT TO:, alignée à droite, et se réserve aux rares coupes dont le moment est tout l’enjeu.
- [MATCH CUT](https://www.inkwell.software/fr/glossary/match-cut): Une coupe qui relie deux plans par une forme, un mouvement, une composition ou un son partagés, si bien qu’une image semble devenir la suivante. S’écrit comme la transition MATCH CUT TO: quand le lien entre les deux moments fait partie de l’histoire.
- [Séquence de montage](https://www.inkwell.software/fr/glossary/montage): Une suite de beats ou de plans courts qui s’enchaînent rapidement — souvent sous un intitulé MONTAGE — pour condenser le temps ou entrelacer des actions parallèles.
- [Transition](https://www.inkwell.software/fr/glossary/transition): Une indication de montage entre deux scènes — CUT TO:, DISSOLVE TO:, SMASH CUT TO:. Les spec scripts actuels les utilisent rarement ; la plupart des coupes vont de soi.

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Canonical page: <https://www.inkwell.software/fr/glossary/jump-cut>
